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Qu'est-ce que l'hypnose ?

Une approche permissive et métaphorique, qui s'adapte à chacun plutôt que d'imposer un cadre. Ce qu'elle est, ce qu'elle n'est pas.

Silhouette en état hypnotique, ondes lumineuses de concentration intériorisée

Quand on me demande "vous faites quoi, exactement ?", je réponds simplement : de l'hypnose. Le mot intrigue, parfois il fait sourire. On l'associe souvent à la scène, au cabaret, à des images d'autorité un peu effrayantes — "vous avez sommeil, vous dormez". L'hypnose telle que je la pratique en cabinet fait tout l'inverse. C'est cette différence-là que je voudrais raconter ici.

Une approche permissive plutôt qu'autoritaire

L'hypnose dite "classique" ou directive fonctionne par injonction : le praticien donne des ordres, la personne hypnotisée obéit. Cette image est tenace, parce que c'est celle de l'hypnose de spectacle. Elle est aussi très éloignée de ce que je pratique.

Telle que je la pratique, l'hypnose est permissive. Au lieu de dire "vous allez vous détendre", je dis quelque chose comme "vous pouvez, si vous le souhaitez, laisser venir une forme de détente, à votre rythme". La nuance paraît mince, elle change tout. Elle laisse la personne reprendre la main sur son propre cheminement, au lieu de la mettre en position de se soumettre à une voix extérieure.

"L'inconscient sait souvent mieux que le conscient ce dont la personne a besoin."

Cette posture s'appuie sur une conviction simple : l'inconscient n'est pas un adversaire à dompter, c'est un réservoir de ressources. Il garde la mémoire des solutions que la personne a déjà trouvées dans sa vie. Le rôle du praticien n'est pas d'imposer un changement, mais d'aider la personne à retrouver l'accès à ce qu'elle sait déjà, quelque part en elle.

Le pouvoir des métaphores

L'une des particularités de mon travail, c'est de raconter beaucoup d'histoires. Je peux parler à une personne angoissée d'un jardinier qui taille un rosier — sans jamais nommer l'angoisse, sans jamais dire "vous". La métaphore agit en contournement, en passant par l'imaginaire plutôt que par le raisonnement.

C'est l'un des outils que j'utilise le plus en séance. Pas parce que c'est "joli", mais parce que cela permet de parler à plusieurs niveaux à la fois. Le conscient suit l'histoire ; l'inconscient, lui, capte ce qui résonne. Et il fait le tri.

Une métaphore bien choisie peut débloquer en quelques minutes ce qu'une explication rationnelle n'aurait pas pu faire bouger en plusieurs séances. C'est pour ça que je construis mes histoires sur mesure, en m'appuyant sur les intérêts, les passions, les images propres à chaque personne.

Utiliser ce qui est là, plutôt que combattre

Un autre principe fondateur : partir toujours de la personne telle qu'elle se présente. Une résistance ? Je la considère comme une information précieuse. Une croyance limitante ? J'en fais une matière de travail. Une habitude difficile à lâcher ? Je cherche à comprendre à quoi elle sert, parce qu'elle sert forcément à quelque chose.

C'est ce que j'appelle utiliser : prendre tout ce que la personne apporte, plutôt que d'essayer de le corriger. Cela suppose une posture d'écoute, pas de jugement. Et une confiance profonde dans le fait que chacun, même au cœur de ce qui semble bloquer, porte aussi ce qui peut le débloquer.

À quoi ça ressemble, concrètement, en séance ?

Il n'y a pas de pendule. Il n'y a pas de "vous dormez". Vous restez assis ou allongé, les yeux fermés ou ouverts, libre de bouger, libre de parler, libre d'arrêter à tout moment. Ma voix vous accompagne, je vous propose de porter votre attention sur certaines sensations, sur une image, sur un souvenir agréable. Petit à petit, l'attention se tourne vers l'intérieur. C'est ce qu'on appelle l'état hypnotique — un état de concentration intériorisée, ni endormi ni totalement éveillé, que vous traversez plusieurs fois par jour sans le savoir (quand vous êtes absorbé par un livre, quand vous conduisez sur l'autoroute, quand vous regardez le feu de cheminée).

Dans cet état, le dialogue avec l'inconscient devient plus fluide. Les protections du quotidien — celles qui nous font dire "non mais je sais bien que…" — se mettent en pause. On peut alors explorer une situation autrement, accéder à des ressources qu'on avait oubliées, ou laisser émerger une compréhension nouvelle.

Pour qui ? Pour quoi ?

L'hypnose accompagne aujourd'hui un large champ de difficultés : la gestion du stress et de l'anxiété, les phobies, les troubles du sommeil, l'arrêt du tabac, les comportements alimentaires, la douleur chronique, la confiance en soi, le deuil, les transitions de vie. Elle ne soigne pas, au sens médical du terme, et elle ne remplace jamais un avis médical. Elle ouvre un espace de travail, à côté du soin classique, pour ce qui ne se résout pas seulement par la raison.

Ce que je trouve beau dans cette approche, c'est qu'elle ne demande à personne d'être quelqu'un d'autre. Elle part de qui vous êtes, ce jour-là, avec ce que vous portez. Et elle vous accompagne, à votre rythme, vers ce que vous cherchez à dénouer.